
Le jeudi 12 février 2026 – l’Université Nangui Abrogoua a accueilli le lancement officiel du projet FONSTI SGCI-IOSRS N°69, une initiative ambitieuse qui entend transformer durablement les systèmes de conservation agricole grâce à l’énergie solaire et aux matériaux locaux.
Dans une salle du Conseil réunissant enseignants-chercheurs, partenaires techniques, institutionnels et acteurs du monde agricole, l’atmosphère était à la fois studieuse et porteuse d’espoir.
Plus qu’un atelier de lancement, l’événement a incarné une vision : celle d’une recherche appliquée, connectée aux réalités du terrain et capable de générer un impact socio-économique concret.
Au cœur du projet : le développement de prototypes de chambres froides fonctionnant à l’énergie solaire, conçues à partir de matériaux géo sources et biosourcés disponibles localement.
L’objectif est clair : réduire drastiquement les pertes post-récolte, améliorer les revenus des producteurs et renforcer la sécurité alimentaire dans la sous-région.
En ouvrant la cérémonie, la Présidente de l’Université Nangui Abrogoua, Professeure Véronique Yoboué, a salué « une initiative qui illustre la capacité de nos universités à produire une recherche utile, ancrée dans les réalités locales et orientée vers des solutions concrètes pour les populations ».
Elle a rappelé que les pertes agricoles constituent un défi majeur pour la Côte d’Ivoire et l’Afrique de l’Ouest, avec des conséquences directes sur les revenus des agriculteurs, la stabilité des prix et l’accès des populations à une alimentation de qualité.
Selon elle, ce projet « apporte une réponse innovante et durable à la sécurité alimentaire, à la transition énergétique et au développement économique local ».
En déclarant officiellement ouverts les travaux de l’atelier, elle a appelé à une synergie forte entre chercheurs, partenaires financiers et acteurs du secteur agricole afin de maximiser l’impact des résultats attendus.
Prenant la parole, le Professeur Boko Aka, Directeur de l’Institut de Recherche sur les Énergies Renouvelables, a souligné la dimension stratégique du projet.
L’ambition dépasse la simple mise au point d’un prototype : il s’agit de valider scientifiquement les performances énergétiques et thermiques des chambres froides afin de permettre leur déploiement à grande échelle.« Nous ne voulons pas seulement concevoir un équipement, mais proposer une solution technologiquement maîtrisée, économiquement viable et adaptée aux réalités africaines », a-t-il insisté.
Il a également mis en lumière les limites des solutions actuelles, souvent dépendantes d’énergies fossiles coûteuses et de matériaux importés peu adaptés aux contextes climatiques et économiques locaux.
À l’inverse, les chambres froides solaires développées dans le cadre de ce projet reposent sur une approche durable : utilisation d’énergies renouvelables, valorisation des ressources locales, réduction de l’empreinte carbone et renforcement de la résilience des communautés rurales face au changement climatique.
Représentant le Secrétaire général du Fonds pour la Science, la Technologie et l’Innovation (FONSTI), la Professeure Acapovie Lydie a réaffirmé l’engagement de l’institution en faveur d’une recherche orientée vers des résultats tangibles.
« Notre mission est de créer un environnement propice à l’innovation et à la production de connaissances utiles au progrès de la Côte d’Ivoire », a-t-elle déclaré, invitant les équipes scientifiques à faire de leurs travaux un levier de transformation pour l’économie nationale.
Elle a souligné que cet atelier ne constitue pas une simple étape administrative, mais le point de départ d’une collaboration structurée et durable entre chercheurs, bailleurs et bénéficiaires.
À travers ce financement, le FONSTI confirme sa volonté de soutenir des projets à fort potentiel socio-économique, capables de générer des retombées mesurables pour les populations.
La présentation technique, assurée par Dr Ange Christine Djohoré, a permis de détailler les objectifs opérationnels du projet : optimiser les performances thermiques des chambres froides, réduire significativement le gaspillage alimentaire, créer des emplois locaux dans la fabrication et la maintenance des équipements, et favoriser la diffusion de solutions innovantes à l’échelle régionale.
Doté d’un financement de plus de 24 millions de FCFA sur une durée de trois ans, le projet ambitionne de devenir un modèle de recherche appliquée transférable dans d’autres pays d’Afrique de l’Ouest.
À terme, ces chambres froides solaires pourraient contribuer à stabiliser les marchés agricoles, améliorer la compétitivité des filières et renforcer l’autonomie énergétique des exploitations rurales.
Au-delà des discours et des ambitions, ce lancement marque un tournant : celui d’une recherche ivoirienne proactive, engagée et pleinement consciente de son rôle dans la transformation structurelle du pays.
En conjuguant innovation technologique, transition énergétique et développement local, le projet FONSTI SGCI-IOSRS N°69 illustre une dynamique nouvelle : celle d’une science au service des populations, capable de répondre aux défis agricoles et climatiques par des solutions adaptées, durables et porteuses d’espoir pour l’Afrique de l’Ouest.




















