
𝐁𝐫𝐨𝐛𝐨 , 𝟐𝟗 𝐦𝐚𝐫𝐬 𝟐𝟎𝟐𝟔 — Au cœur de la région du Gbêkê, une initiative exemplaire illustre avec éclat le potentiel de la recherche appliquée au développement économique local.
Du 27 au 29 mars 2026, une mission de suivi-évaluation conduite par le Fonds pour la Science, la Technologie et l’Innovation (FONSTI) a permis de mesurer les avancées significatives d’un projet novateur : 𝐥𝐚 𝐦𝐢𝐬𝐞 𝐞𝐧 𝐩𝐥𝐚𝐜𝐞 𝐝’𝐮𝐧𝐞 𝐦𝐢𝐧𝐢-𝐮𝐬𝐢𝐧𝐞 𝐝𝐞 𝐭𝐫𝐚𝐧𝐬𝐟𝐨𝐫𝐦𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞 𝐧𝐨𝐢𝐱 𝐝𝐞 𝐜𝐚𝐣𝐨𝐮 𝐚𝐮 𝐬𝐞𝐢𝐧 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐒𝐨𝐜𝐢𝐞́𝐭𝐞́ 𝐂𝐨𝐨𝐩𝐞́𝐫𝐚𝐭𝐢𝐯𝐞 𝐒𝐎𝐔𝐑𝐀𝐋𝐄𝐓.
Porté par Monsieur Droguy Yves Narcisse, lauréat de la première session 2021 du FONSTI, ce projet s’inscrit dans une dynamique de modernisation de la filière anacarde en Côte d’Ivoire. La mission, représentée notamment par le Professeur Bamba Assouman, membre du Conseil scientifique, et Madame Ouattara Zeinebou, Directrice de la gestion des projets de recherche et d’innovation, avait pour objectif d’évaluer l’effectivité et l’impact de cette innovation sur le terrain.
Lors de la présentation des résultats dans les locaux de la coopérative, le promoteur a retracé les différentes étapes de mise en œuvre du projet. Initialement conçu comme un système manuel, le dispositif a évolué vers une solution semi-automatisée afin de répondre aux exigences croissantes du marché. Ce choix stratégique, bien que générateur de coûts supplémentaires et d’un léger retard, témoigne de la volonté d’inscrire le projet dans une logique de performance et de durabilité.
La mini-usine, désormais opérationnelle, est dotée d’équipements essentiels : calibreur, cuiseur, décortiqueur et séchoir. Elle permet de transformer les noix de cajou en produits semi-finis destinés aussi bien au marché local qu’à l’exportation.
La visite des installations a offert un aperçu concret de la chaîne de transformation, organisée autour de quatre étapes clés allant du tri des noix au séchage des amandes. Au-delà de l’aspect technique, c’est une véritable mutation des pratiques de production qui s’opère au sein de la coopérative.
Selon son président, Monsieur Kouamé Kouassi Clément, l’impact est déjà perceptible : le passage d’un système manuel mobilisant plus de 150 personnes à un dispositif semi-automatisé a permis de réduire de moitié les coûts de main-d’œuvre, tout en améliorant l’efficacité globale de la production.
L’initiative ouvre également des perspectives prometteuses en matière de valorisation. Le promoteur envisage la diffusion de cette mini-usine auprès d’autres coopératives, avec un coût estimé entre 30 et 40 millions de FCFA. Une ambition qui pourrait contribuer à structurer davantage la filière et à renforcer la compétitivité de la Côte d’Ivoire sur le marché international de l’anacarde.
Toutefois, des défis subsistent. Le président de la coopérative a notamment plaidé pour la mise en place d’une unité de transformation de produits finis, condition essentielle pour accroître la valeur ajoutée locale et maximiser les revenus des producteurs.
Cette mini-usine de Brobo apparaît ainsi comme un modèle reproductible, à la croisée de l’innovation technologique et du développement inclusif. Elle incarne une vision ambitieuse : celle d’une agriculture ivoirienne modernisée, créatrice de richesse et résolument tournée vers l’avenir.

















